Ce qu’il faut vraiment savoir avant de devenir notaire

13 décembre 2025

On ne devient pas notaire sur un coup de tête. Derrière le titre, il y a un parcours dense, parfois sinueux, qui ne laisse aucune place à l’improvisation. Si l’idée de rejoindre la profession titille, mieux vaut savoir où on met les pieds, et ce qu’exige vraiment ce choix.

Tout savoir grâce au Directeur de la Formation de la Chambre des Notaires de Paris

Voici en détail les chemins qui mènent au métier de notaire, selon le retour d’expérience d’un expert du secteur.

Deux grandes voies structurent l’accès aux études notariales. D’un côté, les cursus pour celles et ceux qui ne se destinent pas directement à la fonction de notaire associé. De l’autre, un parcours réservé à ceux qui visent le diplôme de notaire.

Côté employé, le BTS notariat, accessible en deux ans après le bac, ouvre la porte à une première expérience en étude, ou à une poursuite d’études avec le bac professionnel « professions notariales ». Certains choisissent ensuite de compléter leur formation par une année supplémentaire à l’Institut des Métiers du Notariat (IMN), pour décrocher le Diplôme de l’Institut des Métiers du Notaire (DIMN). Ce chemin, plus court, cible principalement les futurs collaborateurs et personnels d’appui des études notariales.

Pour celles et ceux qui ambitionnent la signature officielle, passage obligé par la Faculté de droit. Après un Master 2, souvent spécialisé en droit notarial, l’étudiant enchaîne deux ans de stage auprès du Centre de Formation Professionnelle Notariale (CFPN). Ce parcours peut aussi débuter avec un Master 2 en droit privé, mais l’accès à la profession impose alors un stage d’une durée de trente mois. À l’issue de ces étapes, le précieux sésame : le diplôme de notaire.

Ce diplôme n’est pas une fin en soi. Il marque seulement le début d’une nouvelle phase, où le titre de « notaire stagiaire » remplace celui d’étudiant. Pendant ces années de terrain, le futur notaire affine ses compétences et construit son réseau.

Mais obtenir le diplôme ne signifie pas prendre d’emblée la tête d’une étude. Pendant le stage, on porte le titre de notaire stagiaire. Une fois le rapport de stage validé, on devient notaire-assistant, salarié d’une étude, sans pour autant bénéficier de l’indépendance d’un associé.

La marche suivante ? S’associer ou créer sa propre étude, après avoir franchi l’étape d’un concours. C’est seulement à ce moment-là qu’on prête serment devant la Cour d’appel, rejoignant alors le cercle restreint des notaires titulaires.

Certains préfèrent le statut de notaire salarié. Un contrat de travail les lie à l’étude, et ils exercent sous la responsabilité de notaires associés, qui sont à la fois collègues et employeurs. Cette forme d’exercice séduit ceux qui souhaitent s’investir sans prendre les risques liés à l’association.

Pour les collaborateurs expérimentés qui n’ont pas suivi le cursus universitaire classique, une alternative existe. Après plusieurs années sur le terrain, ils peuvent préparer un examen universitaire spécifique sur une année, et ainsi obtenir le diplôme de notaire. Cette passerelle permet à ceux qui ont fait leurs preuves dans la profession de franchir le cap.

Le métier exige une qualité avant tout : la rigueur. Ce n’est pas un détail anodin. Le notaire agit au nom de l’État, il reçoit délégation pour authentifier des actes qui engagent, protègent et tranchent. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la Marianne orne le sceau et la signature du notaire, symbole d’une responsabilité qui dépasse la simple relation client.

Rédiger des actes authentiques, c’est garantir à chaque client la force probante maximale, la sécurité juridique la plus solide. Ce n’est pas un hasard si, dans bien des situations, mariage, succession, achat immobilier, on ne fait confiance qu’au notaire.

Derrière le formalisme, il y a une équipe soudée. À Paris, une étude rassemble en moyenne une vingtaine de personnes : chaque dossier se construit en équipe, et la réussite d’un acte authentique, c’est aussi le fruit de cette organisation collective.

Jean-Albert Seïté, quant à lui, incarne ce savoir-faire. Directeur de la formation à la Chambre des Notaires de Paris, il accompagne chaque année des candidats déterminés à franchir les étapes, transmettant l’exigence du métier et l’esprit de service public qui l’anime.

Devenir notaire, c’est choisir une voie où la précision compte autant que la confiance. Ceux qui s’y engagent savent que, derrière chaque signature, il y a la loi, l’histoire d’une famille ou d’une entreprise, et la promesse d’une justice du quotidien. Un métier où l’engagement ne s’écrit jamais au conditionnel.

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